L’opposition quitte la séanceLa discussion hier soir au conseil municipal de Haguenau autour du dossier concernant l’acquisition de terrains du quartier Thurot promettait d’être houleuse. Elle a finalement tourné court. « En colère » et « triste » face aux méthodes de Claude Sturni dans ce dossier, l’opposition – à l’exception de Leilla Witzmann – a quitté la séance.
Le sourire était de rigueur quelques minutes avant le début de la séance. Quelques instants plus tard, difficile d’en trouver un sur les visages des élus du conseil municipal de Haguenau. Et pour cause, le lourd dossier du quartier Thurot était sur la table. L’assemblée réunie hier soir étudiait l’acquisition par la Ville de cinq parcelles représentant une surface totale de 92 306 m², pour un montant de 2 695 000 €. La discussion a finalement débouché sur le départ définitif de la séance de l’opposition, à l’exception de Leilla Witzmann.
Sur le principe d’achat de ces terrains, destinés à créer un éco-quartier, l’assemblée était unanime. C’est sur la manière que cela a coincé. « Cela fait des années que l’on demande ce que l’on fera de ce quartier. Vous nous répondez : circulez, il n’y a rien à voir, décoche Denis Garcia. Le retour sur terre a été brutal. A ma stupéfaction, la lecture des documents laisse apparaître qu’il y a des discussions. Ça réfléchit, ça bouillonne et il y a des prises de décision. » Un rapport d’évaluation de France Domaine évoque effectivement le projet d’aménagement du site, qui prendrait la forme d’une ZAC : « Une première partie sera consacrée à la réalisation d’un pôle tertiaire et d’équipements publics – groupe scolaire, pôle culturel et de service public, “espace de manifestations” -, avec une ouverture sur la rue de la Redoute pour mettre un accès direct vers la gare et le centre-ville. Une deuxième partie sera dédiée à l’habitat par la construction de 300 logements (collectifs et individuels) et au sein de laquelle une fraction de 72 logements sera conservée par le ministère de la Défense. »
« Ainsi, ce soir nous votons pour l’achat d’un terrain mais également pour un projet déjà à moitié conçu alors que vous nous dites toujours que rien n’est prévu et qu’il faut vous faire confiance, poursuit le leader centriste. Je suis scotché. Vous m’avez bluffé. »
« Ça tient de la manoeuvre, renchérit Hugues Heinrich. Ce projet est ficelé au mètre carré avant même la concertation. Vous vous appuyez sur des études que l’on n’a jamais vues. La méthode est écoeurante. C’est du mépris et du cynisme. »
Même discours du côté de Luc Lehner qui fustige également la gestion de ce dossier par Claude Sturni. « Silence. Vous ne dites rien de vos réflexions. Avec votre entreprise de communication, l’Agora, vous avez fait croire que vous évoquiez les grands sujets avec les concitoyens. Il n’en est rien. L’opposition vous a proposé ses services pour parler de cet enjeu majeur pour l’aménagement de la ville. Vous nous avez répondu : dormez tranquille. La politique, c’est être transparent, faire partager les projets. Il faut donc arrêter de nous prendre pour des imbéciles. »
Et l’opposition, en guise de protestation, de se lever comme un seul homme et de quitter définitivement la séance. L’assemblée, quelque peu abasourdie par ce « coup d’éclat », tente de reprendre ses esprits. Leilla Witzmann, restée à son siège, prend la parole pour critiquer « cette politique de la chaise vide tout en comprenant leur réaction ». L’élue socialiste en appelle à la « communication avec l’opposition pour ramener la sérénité dans l’assemblée ».
Claude Sturni, muet jusque-là, semble touché par le flot de critiques. Pour autant, « je ne retire rien. Moi aussi, je suis triste et en colère. J’ai envie de travailler avec l’ensemble des groupes. Il ne s’agit pas d’interpréter et de chercher autre chose. Nous discuterons ensemble de l’avenir du quartier Thurot. »
Et de poursuivre : « Il est important de ne pas monter sur ses grands chevaux et d’être en ordre de marche. Seul le découpage des terrains est écrit noir sur blanc. Pour le reste, il faut travailler. »
Les élus ont finalement voté à l’unanimité le projet d’acquisition des parcelles. Et le conseil a repris son examen des différents points à l’ordre du jour. Comme d’habitude, ou presque.
Amandine Hyver
Édition du Jeu 15 oct. 2009
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Quand Mme Amandine Hyver dit voté à l’unanimité elle aurait pu préciser sans l’oposition …
Mme Witzmann est restée sur place, “critiquant la politique de la chaise vide”. Y-a-t-il quelqu’un dans la salle pour lui rappeler ce qu’a fait sa famille politique cette semaine à l’Assemblée nationale ? Quelqu’un qui croit encore qu’elle appartient à cette famille politique, la gauche ?
Le quartier des militaires est une véritable poudrière pour le maire …:-)
Mais, plus généralement, la poudre, on l’a senti partout en France, la semaine dernière, partout…
Est-ce un signe de radicalisation majeure de notre société ?