
Le sommet du G20 vient de se terminer et chacun se met à espérer que le monde va sortir de la crise financière et éviter que la récession économique soit trop longue. Nous avons tous pu voir et entendre les américains, les anglais, les allemands, les français,…, lever des sommes astronomiques pour rétablir la confiance dans le secteur bancaire. Des mesures sont en train d’être élaborées pour soutenir les pme, voire les grandes entreprises et ce pouvant aller jusqu’à des nationalisations même aux joyeux pays du libéralisme originel que sont la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis. Les Etats peuvent se permettre de lever des fonds car il n’y a pas aujourd’hui de risque de “faillite” pour eux. Tout cet argent va permettre de relancer l’économie mondiale.
Où est l’UE ?
Or, que constatons-nous? Une grande absence, celle de la première puissance économique mondiale, l’Union Européenne. Evidemment, cette affirmation et brutale et injuste. En revanche, elle interroge sur le fond. Qu’est-ce à dire? Tous les pays que nous venons de citer sont en train de lever des fonds, càd faire des prêts, càd s’endetter pour éviter que leur économie s’enfonce dans la crise et relancer la machine économique. Or, l’Union Européenne ne le fait pas. Pourquoi, parce les Traités lui interdisent de d’utiliser d’autre argent que celui qui leur est alloué par les Etats membres. Donc pas de dette, mais pas de prêts.
L’UE, une collectivité à part entière.
L’union Européenne est la seule “collectivité” à ne pas pouvoir contracter de prêts pour assurer l’avenir et améliorer le bien-être de sa population. Pourtant, il existe bien des projets d’intérêt communautaire dont on sait que leur réalisation permettra d’augmenter la capacité de l’Europe à entrer dans cette “économie de la connaissance” prônée par la stratégie de Lisbonne. La question de la construction des lignes à grande vitesse, notamment la liaison tgv Rhin-Rhône (dont l’alsace a tellement besoin) qui doit s’inscrire dans le réseau de transport européen qui, d’ailleurs, ne se limite pas au transport ferroviaire mais s’ouvre aux réseaux énergie et télécom entre pleinement dans cette réflexion. L’argent qui manque aujourd’hui pour financer ses grands projets n’existe pas aujourd’hui, mais demain si l’opinion publique européenne le souhaite, il peut se trouver car l’Union Européenne donne toutes les garanties d’être un débiteur fiable et sérieux.
Que faire ? Un nouveau Traité !
Le Traité de Lisbonne a été élaboré, grâce aussi à l’entregent de Nicolas Sarkozy, dans des circonstances qui sont aujourd’hui dépassées. Le monde de novembre 2008 n’a plus rien à voir avec celui d’avant la crise financière. Tirons-en toutes les conséquences en rédigeant au plus vote un nouveau traité intégrant cette nouvelle donne et qui donnera à l’Union les moyens d’être le moteur de la croissance européenne et mondiale. Un nouveau traité remettra les pendules à zéro et permettra notamment aux irlandais de voter pour un nouveau texte sans pour autant se déjuger. La construction européenne ne pourra être relancée que par des réalisations “physiques”. Le temps où l’idée d’Europe unie faisait vibrer les foules est révolu. Maintenant, les européens veulent voir et toucher du concret.
Recevoir par flux RSS les notifications de commentaires sur ce post. URL de rétrolien
Entièrement d’accord avec votre article. Au niveau des transports ça fait pas mal de temps que je soulève la nécessité d’une Europe des transports. Pourquoi, 50% des personnes en Europe ne franchissent généralement aucune frontière, il ne connaissent donc que leur peuple, créer une Europe des transports c’est faire rencontrer les peuples d’Europe. Au-delà de ce beau projet, il y a aussi une nécessité économique, et l’Alsace est en ce sens à nouveau de la carrefour de l’Europe. Cela permettrait de mettre beaucoup plus en réseu les réseaux économiques européens.
Cela pose d’ autres problème, les langues d’une part mais d’autre part ce que vous énoncer c’est un réel budget européen et le pendant du budget évidemment aussi une fiscalité européenne. Dans un éventuel traité comme vous le dites il est nécessaire de répartir les compétences fiscales pour que l’UE se dote d’un Budget digne de ce nom et puisse s’endetter! Mais cette fiscalité ne doit pas s’additionner à la fiscalité existante, d’où une nécessaire répartition de celle-ci, par délégation de ce pouvoir par les Etats, c’est certes un des pouvoirs régaliens mais pour donner du crédit à l’UE c’est nécessaire! Cela pourrait se faire par le principe de subsidiarité déjà présent dans les traités précédent. Mais sans réel traité cela ne se fera jamais! Pour une Europe de la relance un vrai budget est nécessaire, et un vrai new deal européen passe par de grand projet. Vraiment d’accord avec votre constat. De plus Nicolas Sarkozy parle “d’unanimité” ce qui est du pompidolisme(on ne pratique pas la chaise vide mais on profite des acquis gaulliens) à plein nez, je ne pense pas que c’est ainsi que l’Europe soit capable d’avancer. Ce qui me plait dans votre article c’est qu’il s’ouvre sur une note d’espoir, de voire cette Europe grandir!