Sur demande expresse du nouveau Thierry Hans, pendant un petit café ce samedi matin à Haguenau, me voilà commandité pour un article sur l’Alsace et son histoire. Petit Hebdi, mais grande ambition. Au fur et à mesure de la conversation ma méfiance s’accroit. Thierry m’explique que je suis l’homme de la situation, que j’ai la plume alerte et que j’ai beaucoup de chance de pouvoir écrire dans Hebdi , le futur hebdo vendu à 50 000 exemplaires. Bref, il est impossible que je refuse d’écrire cet article qui ne fait reprendre en fait une discussion que nous avons eue il y a quelques semaines. Pas vraiment un travail et en plus bien rémunéré puisqu’il me paye le café ! Allons-y. Copie à rendre mardi midi dernier délai.
Echec des partis "alsaciens"
Les dernières élections régionales ont marqué l’échec des mouvements qui se revendiquaient de leur identité, particularisme ou spécificité – qu’importe la nuance- alsacienne. Que ce soit à la droite dure et anti-minaret, style Alsace d’Abord ; les autonomistes de Unser Land ralliée à des partis nationaux, tous deux lancés dans la bataille électorale avec un score inférieur à 5%. Puis, les autres qui ne sont pas allés aussi loin : Force centriste d’Alsace, mort avant la bataille de l’absence de leadership et de force… de caractère et Initiative Citoyenne alsacienne 2010 qui veut « la réforme des institutions françaises en faveur d’une véritable démocratie régionale et l'émergence d'une identité française ouverte et plurielle » que nous rajoutons par politesse car la politique alsacienne ne lui sert que de prétexte d’existence.
Oubli de l'Histoire
Rajoutons deux points. Lors du débat Tonic magazine à Sélestat, la candidate Aline Parmentier, tête de liste haut-rhinoise du Front de Gauche regrettait qu’il n’y avait en Alsace que du théâtre populaire et qu’il fallait promouvoir du théâtre de haut niveau culturel en favorisant les traductions… Seconde anecdote, -probablement plus dramatique-, Martin Graff, écrivain « alsacien » intervenant pendant le débat sur l’identité nationale à la préfecture du Bas-Rhin affirmait de bonne foi que les autonomistes alsaciens étaient peu ou prou tous pronazis pendant la 2nde guerre mondiale. A chaque fois, les orateurs ont été heureusement contredits et corrigés. Faut-il en rire ou en pleurer ? Ni l’un ni l’autre, mais simplement constater que l’histoire récente de l’Alsace est au mieux ignorée, au pire connue à travers le prisme d’une lecture idéologique.
Doit-on en rester là. Oui, s’il faut considérer qu’un alsacien est un français qui habite en Alsace et que l’histoire officielle nationale est suffisante pour comprendre la société. Non, si l’on considère que l’Alsace est porteuse d’une histoire particulière, différente des autres régions françaises et voisines et que sa connaissance permet de mieux comprendre le présent et de mieux bâtir l’avenir des personnes qui habitent cette région.
Freud est-il alsacien?
Il ne faut pas être grand psychanalyste pour comprendre qu’il y a quelque chose « qui cloche » chez les Alsaciens. En d’autres temps, le livre la « psychanalyse de l’Alsace « avait tenté d’y répondre. Mais ce livre s’adressait à des lecteurs qui connaissaient l’histoire de l’Alsace parce qu’ils l’avaient directement vécu. Aujourd’hui, cette mémoire se réduit à quelques cénacles et aréopages qui n’arrivent pas à transmettre leur savoir. Lever le « malaise » alsacien est, d’abord peut-être, retrouver son histoire. Et celle-ci ne se réduit pas au drame des Malgré Nous.
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