Vous avez bien lu chers lecteurs. C’est l’affirmation qui a été martelée hier soir au conseil municipal de Haguenau par madame Leila Witzmann. Les mots étaient nombreux et je ne manquerai pas les retranscrire intégralement sur notre blog lorsque le PV sera publié.
Qu’est-ce qui a bien pu provoquer l’ire passionnée et la croisade anti-alsacienne de notre représentante du parti socialiste?
Il était mis à l’ordre du jour de la séance le vote d’une subvention pour le Groupe Théâtral Saint Georges qui a distribué 377 billets gratuit à “des personnes âgées de plus de 60 ans” ceci pour quelles puisent apprécier la comédie en dialecte “Schlupf emol nin”. Je suis don intervenu, comme c’était déjà le cas pour une délibération de même type concernant le groupe de théâtre St Nicolas lors du conseil municipal du 12 novembre 2008 en alsacien bien sûr.
Grosso modo j’ai répété ce que j’avais déjà dit : Je suis intervenu pour suggérer aux troupes de théâtres alsaciens d’avoir une politique de promotion de l’alsacien vers les jeunes en leur faisant aussi bénéficier de places gratuites. Il ne sert à rien de dire que nous sommes favorables au dialecte si nous ne pratiquons pas une politique d’abord envers les jeunes qui sont bien « le maillon faible » de la transmission de notre langue et de notre culture.
Mon deuxième point consistait à demander qu’un débat soit prochainement organisé au sein du conseil municipal pour définir la politique de la ville en matière de promotion du bilinguisme”. C’est ce que j’ai écrit jadis.
Voilà qu’intervient mme Witzmann ! Elle remarque que dèjà elle ne comprend pas ce que je dis en français ( oui, elle a vraiment dit cela !), alors en alsacien …! Et de sortir les vieux poncifs ( zut c’est un mot compliqué, pardon d’avance ) des jacobins parisiens thuriféraires ( là, je suis condamné: 5 syllabes, avec un “th”, c’en est trop !). Il est MAL POLI DE PARLER ALSACIEN alors qu’il y a des gens qui ne le comprennent pas, c’est déplacé de le parler en conseil municipal…Elle condamne l’utilisation “politicienne” de l’alsacien, ( il me semble qu’elle a aussi parlé de racolage, mais ce sera à vérifier dans le pv), que l’utilisation des notions de tradition était terrible ( là encore à vérifier sur le pv, il faut dire que je n’ai pas pris note des paroles de mme witzmann tellement elles étaient caricaturales). Dans l’espace public, il ne faut pas utiliser l’alsacien. Peut-être qu’il faudrait parler l’alsacien seulement à la maison portes et volets fermés et à la bougie?
Et de rajouter que la politique d’apprentissage du bilinguisme de la ville de Haguenau était un modèle car il y avait une école “publique” bilingue. Qu’elle-même a toujours soutenu le bilinguisme, et puis na !
Maintenant en latin! Peut-être, mme Witzmann en a connaissance? Hélas, hélas, hélas. Auriez-vous pu imaginer entendre cela en ce XXIème siècle ?
Naturellement, je n’ai pas pu ne pas répondre devant autant de poncifs ( zut, je le redis). Je me suis d’abord permis de lui rappeler que le règlement intérieur autorisait l’utilisation de l’alsacien ( et du français !) en séance du conseil municipal. Que ce règlement avait été voté à l’unanimité, donc qu’elle aussi l’avait voté. j’ai évidemment dit que j’étais très choqué par le fait de dire qu’il était mal poli de parler alsacien. Là le maire est intervenu pour essayer de calmer le jeu en niant que mme Witzmann ait prononcé ces mots, mais devant l’évidence …Je passe sur le reste, car l’essentiel a été dit.
Il est vrai que je gêne beaucoup, notamment par le fait que je décris le déroulement des séances du conseil et je reprends les positions de mme Witzmann et son alignement sur les position de Claude Sturni. Cela fait vraiment désordre dans la section PS de Haguenau car les militants ne comprennent pas vraiment comment une élue dite socialiste soutient de plus en plus une majorité conservatrice après avoir été très proche en début de mandature du groupe UMP ( à noter, ici l’intervention justifiée de Hugues Heinrich rappelant que la constitution protège aussi les langues régionales).
C’est aussi assez gênant que je défende le service public et un service public au service des habitants qui doit à tout instant produire le meilleur au coût le plus juste. C’est aussi embêtant que j’appelle à une politique de logement en faveur notamment des personnes les plus fragiles… Mme Witzman a-t-elle peur que nous lui piquions son fonds de commerce électoral (utilisons comme elle des mots politiciens) ?
Bref, mme Witzmann se cache derrière des grandes phrases qui “fleurent ” bon la gauche. Mais, mme Witzmann, c’est la gauche d’autrefois, celle qui était toujours idéologique, lovée dans l’opposition qui lui permettait de ne jamais avoir de responsabilités et qui faisait tout pour ne pas en avoir. Ce n’est pas la gauche d’aujourd’hui, responsable, prête à gouverner et à agir. Votre gauche style besancenot n‘est pas la gauche qui a considérablement fait avancer la cause des langues régionales, ce n’est pas elle qui a remporté des villes comme Wissembourg, Soultz-sous-Forêts, Ostwald, Strasbourg et j’en oublie. Ce n’est pas celle qui reconnait l’utilité de l’enseignement privé dans l’éducation de nos enfants. Ne vous êtes-vous jamais interrogé pourquoi le vote ps à Haguenau ville est entre 20 et 30% aux échéances européennes, nationales et régionales et le votre systématiquement autour de 10%? Tout simplement parce que les électeurs ne se reconnaissent pas dans votre gauche anti-européenne et proche de l’extrême gauche.
Il est heureusement probable que la position de mme Witzmann est minoritaire dans ses dérapages publics. Néanmoins, elle est la preuve au fond que le combat pour préserver et promouvoir nos langues régionales est toujours plus d’actualité. Les élections régionales de 2010 seront très certainement le moment où nos concitoyens devront choisir s’ils veulent ou non que les langues d’Alsace soient vraiment enseignées au plus grand nombre posssible d’enfants afin que nosu donnions la chance de s’inscrire dans une histoire et dans une modernité assumée.!
Recevoir par flux RSS les notifications de commentaires sur ce post. URL de rétrolien
Gowerdami ! Es gebt emmer ebs nej’s au conseil municipal…
)) Madame et Messieurs, arrêté de vous tirer dessus à boulet blanc ! Un peu de tenu, svp… L’info est de taille, mais ne passez pas autant de temps à vous chamailler.
euh… sinon, ‘ya pas eu d’autres choses croustillantes à raconter ? La patinoire ? L’OSL ? des chiffres qui vont de travers ? etc… ?
M von H
oui mich. je ne comprends pas les attaques incessantes.
l’opposition trouve sa force dans sa diversité et, normalement, dans sa volonté d’éviter que la majorité fasse n’importe quoi au détriment des habitants. Je trouverai assez cohérent que mme witzmann intègre la majorité, ce qui n’aurait rien de honteux.
pour le reste, ne t’inquiéte pas. il y a aura d’autres articles dans les prochains jours
Mme Witzmann pourrait commencer par se faire traduire son nom…
En tous cas, grand Merci de nous raconter les conseils municipaux de façon aussi croustillante.
N’étant pas d’origine alsacienne ,je peux me permettre de dire que l’Alsace est la région française avec la plus forte et la plus riche des cultures régionales. Donc surtout à ne pas laisser mourir! L’avenir est aux régions!
Une gauche d’autrefois: C’est un Euphémisme, non?
J’ai été également choqué!
Si une langue n’existe pas dans la sphère publique elle meurent. Mme Witzmann devrait se rendre dans de nombreux conseils municipaux d’Alsace où l’alsacien est utilisé!
Une autre question, qu’est-ce qu’une langue policée ? qu’est-ce qu’une culture policée ? Je crois que la stigmatisation culturelle a été à l’origine de bien des dérives! En Alsace je crois que ce souvenir macabre habite encore nos grand-parents.
Cowboy un’ Indianer …
Sinon concernant l’idée d’une grand politique linguistique est très bonne, au-delà de la nécessité au regard de ce patrimoine culturel, c’est une nécessité économique, que feront les jeunes monolingues lorsqu’il s’agira de postuler en Allemagne?
Les outils et les bases techniques sont là pour mener une grande politique linguistique. Je rappelle que cette année 11 sites bilingues ont été ouverts, ce qui est en nombre de création plus important que ce que la Bretagne a créé d’école bilingues. Cela vient principalement du fait que nous sommes au début alors que la Bretagne a atteint une vitesse de croisière qui tristement tend à ralentir, et cela notamment du au freinage de l’éducation national.
Je crois également que la génération de jeunes qui arrive, aimerait parler l’alsacien, combien regrette de ne pouvoir le parler ? Ce n’est pas chiffrable mais ce potentiel-là a été gâché! Il ne faudrait pas le faire pour les générations qui viennent! Notre génération sera celle où notre complexe disparaîtra, pour ma part je n’en ai jamais eu, alors c’est justement le moment de foncer. 90% des jeunes bretons sont favorables à sa transmission, les stages d’été d’apprentissage explose, la filière bilingue représente 3000 emploie, …
Sans l’alsacien, l’Alsace ne sera jamais ce pont culturel entre la France et l’Allemagne. Construire l’Europe c’est avant tout construire des ponts pour que les hommes se rencontrent et tissent du lien. C’est ça l’image d’une Alsace ouverte!
Je trouve que “mal poli” est plutôt l’image d’un repli que d’une ouverture.
Parler de “Gauche d’autrefois” n’est pas un euphémisme, c’est une redondance !
Sesch doch schen dàs es no lìt geht un gmaïnda geht wo els.assisch redda, wan er Werder süara, kennener Sie fenda of http://els.assisch.eu, un wans dia Werder nonet geht aìnfàch erstella.
bis bol http://uf-els.assisch.eu
Quelle honte de voir une telle position de la part d’une membre du Conseil Municipal d’une ville qui s’est faite connaître par sa résistance à la francisation, et par son leadership lors du mouvement autonomiste des annés 20.
Pathétique que des gens pareils puissent être élus par des alsaciens….
Le règlement du Conseil municipal permet peut être l’usage de l’alsacien, mais la constitution française dit bien que la langue de la République est le français et, depuis l’édit de Villers-Cotterêts (1539) les actes publics sont en français! Le droit semble être pour madame Witzmann. Je ne sais pas s’il existe encore des conseils municipaux qui délibèrent en alsacien, mais les actes, les pv, etc, sont nécessairement en français. L’usage de l’alsacien, dans ces conditions, ne semble pas un droit mais seulement une tolérance. Monsieur Lehner soulève ici un problème redoutable qui avait autrefois motivé, aux yeux de nombreux jacobins, la volonté de ne pas ratifier la charte européenne des langues minoritaires, volonté respectée par le président de la République d’alors…
Je voudrais simplement ajouter que l’édit de Villers-Cotterêts concernait la justice. Mais cette date crée bien des illusions. Pensez-vous vraiment que la justice fut rendu en français standard ? Même après ce texte un grand nombre de jugement étaient rendu dans la langue du peuple et même la retranscription en fut bilingue. Le français ne fut présent en masse hors de Paris qu’avec le développement de l’école avec les lois Guizot et Ferry.
Maintenant la langue pour le pv c’est en français, mais ce qui se dit en conseille n’est pas frocément en français, moi pour ma part je m’exprime en Alsacien au conseil municipal, ça ne gène en rien les prises de décision… Et je ne vois pas en quoi cela menace l’unité de notre pays.
De plus, pour moi égalité ne doit pas rimer avec égaliser, car l’égalité signifie pour moi accepter l’alter-ego qui est différent. Rendre chaque individu identique c’est faire disparaître sa liberté. Je pars peut-être dans des considérations philosophique, mais pour en venir simplement à une autre. Les langues sont un patrimoine, lorsqu’elles sont niées elle disparaîssent. En égalisant, en voulant mettre de côté “les idîomes locaux”, vous fragmenter la population au lieu de la rassembler.
Vous dites Brutus que l’Alsacien est “toléré”. Y aurait-il des langues tolérables ou intolérables ? Y-aurait-il des cultures tolérables ou intolérables ?
J’arrête ici parce que ce serait faire un procès d’intention, mais dans la poursuite du raisonnement on arrive à des conceptions obscurantistes…
De plus l’Alsacien est inscrit dans de nombreux règlement intérieur qui pour ceux que je connais n’ont pas été retoqué par les autorités légales.
Pour finir la parfaite égalité n’existe que lorsque l’Homme est parfaitement libre!
Enfin j’espère que vous aurez monsieur Brutus une once de tolérance car je finirais en Alsacien.
“nix fer ungüet!”
Je suis moi même, malheureusement, de cette génération là, celle à qui les parents et grands parents n’ont pas jugé utile de transmettre leur patrimoine linguistique et aujourd’hui, à 55 ans, j’en suis toujours frustré. J’ai le sentiment d’avoir été coupé de mes racines, de n’avoir pas été digne de recevoir cette langue, ma langue, ce trésor qui devait m’être refusé; c’est ce que je ressentais en entendant mes parents, oncles et tantes et grands parents s’exprimer entre eux en alsacien. Bien sûr, à cette époque, il était interdit de parler alsacien à l’école, mais une partie de la faute, si c’en est une, revient aussi à mes camarades, amis et collègues de travail, qui, lorsque j’en exprimais le désir, se refusaient à me parler la langue qu’ils utilisaient entre eux sous prétexte que je n’étais pas capable de la comprendre suffisamment ou se moquaient à la moindre faute, ce qui, bien sûr, n’est pas très encourageant. Certains diront évidemment que si j’avais voulu j’aurais pu apprendre, mais dans les années 70, ça n’était pas évident du tout; on ne trouvait pas encore de méthode et il n’y avait pas de cours de langues régionales. Comment peut on apprendre une langue si personne ne nous la parle?
Lorsque je suis en Alsace (je ne l’habite plus depuis longtemps mais je ne perds pas l’espoir d’y revenir) et que j’entends dans les restaurants ou dans la rue, des personnes s’exprimer en alsacien entre adultes et en français lorsqu’elles s’adressent à leurs enfants, je ne peux m’empêcher de leur en faire la réflexion afin d’essayer de leur faire comprendre combien il est important de se sentir appartenir à un peuple, à une culture et que c’est une véritable richesse dont ils ne doivent pas priver les générations futures car c’est le dernier maillon de la chaîne qui peut encore assurer le lien; s’il est brisé, cela en sera terminé de l’alsacien et ça serait une perte énorme si cette langue n’était plus parlée que par quelques chercheurs et passionnés de langues mortes.
Mais il semble que les gouvernements français successifs ne soient pas du tout de cet avis. Depuis la fin de la dernière guerre, ceux ci font tout ce qu’ils peuvent pour éradiquer ce qui reste de la culture germanique de cette partie du territoire de la république. A quand une véritable radio ou une chaîne de télévision régionale en alsacien?