Les commentateurs sont à peu près unanimes dans l’analyse du scrutin des européennes. Echec du PS et du modem ; tassement des “petits” FN compris et victoire de l’UMP et d’Europe Ecologie. Si je partage cette analyse pour le scrutin en lui-même, je crois, en revanche que cette élection est grosse d’une déconvenue probable de l’UMP pour les prochaines échéances à venir.
L’UMP a été mis en place par Jacques Chirac pour répondre à l’effondrement du RPR. Le RPR a été créé pour permettre à un gaulliste, Chirac en l’occurrence, de devenir président de la République. Dès que cet objectif a été atteint, le parti a perdu sa substance car il est apparu assez vite que mis à part la conquête du pouvoir, le rpr n’avait pas vraiment de doctrine, ni de programme ( il suffit de rappeler que les programmes ont généralement été écrits par alain madelin et ses amis) . Tirant les conséquences de l’échec de la dissolution de 1997, jacques Chirac a “vendu” l’idée “moderne” d’un parti rassemblant tous les courants de droite et du centre sur le modèle CDU allemand, conservateurs alnglais, voire sur l’exemple italien du parti de Silvio Berlusconi. Cela a donné l’Union En Mouvement, puis l’Union Pour un Mouvement Populaire rassemblant les anciesn rpr, libéraux et des grands morceaux de l’udf.
L’Ump a remplis sont rôle puisque Jacques Chirac a été réélu président en 2002. Mais, problème ontologique, l’ump était sensé battre le candidat du PS et non le Jean-marie Le Pen. Je m’explique. En face d’un Ps qui devait bénéficier du bilan de Lionel Jospin et de son rôle moteur et hégémonique au sein de la Gauche plurielle, Chirac avait besoin d’un parti capable de rassembler ses voix de 1995 et ceux d’Edouard Balladur, soit près de 39% au premier tour contre la machine de la Gauche plurielle mais unie qui aurait du tournéer autour de 35%. Nous savons que ces chiffres étaient en fait complètement faux puisque chirac n’a pas pu réunir autant de voix et que Lionel Jospin a été devancé par le FN. D’où l’illusion d’une “vraie”victoire de l’UMP à la fois à la présidentielle et aux législatives qui ont suivies.
Aussi, toutes les élections qui ont suivie 2002 ont été perdues par l’UMP. Il faut dire aussi que la modification du mode de scrutin régional a été fait en dehors de tout bon sens. Comme je l’avais dit à l’époque (mais bien en vain…), si on a un parti majoritaire de type ppe, cdu ou conservateur, sans allié extérieur, le seul mode de scrutin qui peut assurer sereinement la victoire, c’est le scrutin à un tour où le parti structuré a toujours plus de chances que des partis épars. Mais l’orgueuil des responsables étaient tel ! Résultats, 2 régions sont restés à droite sur 26.
Le miracle de l’élection de Nicolas Sarkozy est du à son incroyable capacité d’enthousiasme , sa réelle volonté de changement et l’impossibilité atroce de la gauche de trouver un candidat sérieux et crédible en face du winner sarko. Mais dès l’élection législative qui a suivi les présidentielles de 2007, bon nombre de circo onté été gagnées par l’ump ric-rac au 2nd tour alors qu’elle avait été largement en tête au premier. Les élections municipales de 2008 ont accentué ce phénomène. Incapable de rassembler beaucoup plus que son score du premier tour, l’ump a souvent échoué devant l’union des gauches.
Le mode de scrutin à un tour est bien le meilleur pour qu’un parti organisé, structuré rasssemblant tout son camp gagne. Cela a bien été le cas pour les européennes du 7 juin.
Problème, il n’y a pas d’autre élection de ce style. Jean-Pierre Raffarin l’a (enfin )compris. N’a-t-il pas souhaité publiquement il y a quelques semaines que les modes de scrutin des régionales et des législatives changent en ce sens?
C’est clair, il n’y a pas de majorité de second tour possible pour l’ump aux régionales de 2010. L’effondrement du modem ôte les dernières illusions de ceux qui essayaient de se convaincre que ce parti pouvait être l’appoint qu’il faurait pour faire la différence ( ils n’ont toujours pas compris que l’électorat modem est de gauche et que les centrisets historiques votent soit ump, soit s’abstiennent). Le score des gauches et des écolos rivalise avec le score ump à la campagne et surpassent largement la droite à Strasbourg.
Pour ne parler que de l’Alsace, il apparait bien que la majorité alsacienne ne peut espérer garder la Région qu’à condition d’avoir un ( des ?) leaders charismatiques qui dépassent les frontières partisanes, comme l’a encore été adrien zeller d’une certaine manière en 2004 ou espérer qu’une autre liste originale, crédible à sa manière soit par les hommes ou femmes qui la dirigent soit par le programme de caractère qu’elle propose puisse éclore dans les prochaines semaines.
Ceci dit, est-il aussi évident que cela qu’une nouvelle liste “alsacienne” veuille forcément s’allier avec l’Ump qui dirige cette région depuis toujours ? Rien n’est moins certain.
ps : petit détail, il est bien sûr concevable qu el mode de scrutin pour le s régionales changent si le président de la République le décide et s’il décide alors de déplacer la date de ces élections. Des arguments en ce sens ne manquent pas.
Recevoir par flux RSS les notifications de commentaires sur ce post. URL de rétrolien
Depuis le temps qu’il faut un CDU en France ! Ton analyse n’est pas sans rejoindre la mienne et elle est annoncée depuis les municipales, voire avant. Il ne faut certes pas comparer les votes, mais la dynamique a changé de camp. On peut ne pas vouloir voir la vérité, elle éclate toujours.
A noter les réserves potentielles à gauche, et le vide à droite.