Suite à une discussion enflammée avec le directeur de publication de Tonic magazine, ce dernier m’a demandé de faire un petit article pour son édition de février. Voici cet article calibré en courrier des lecteurs.
“Le monde est en crise, l’Alsace aussi ! Il ne se passe pas une journée sans que la presse annonce plans sociaux et fermeture d’usines. La crise entraine la crise et l’atmosphère s’alourdit, la confiance-et donc la consommation- s’évapore.Face à cela, les gouvernements essayent de limiter les dégâts et de relancer la machine à générer la confiance. La France, comme d’autres, soutient son secteur bancaire et essaie de mettre en place un plan de relance. Et que fait l’Alsace, rien !
C’est faux, me dira-t-on ! Le Bas-Rhin lance son plan …avant le Haut-Rhin, la Région Alsace annonce la poursuite des investissements dans les lycées, quelques villes comme Mulhouse, Strasbourg veulent aussi profiter du remboursement par anticipation de la tva accordé par l’Etat aux collectivités qui augmentent leurs investissements (tout le monde n’a pas compris le système cf. la ville de Haguenau qui investit moins que les années précédentes).
Oui, mais chacun œuvre dans son coin, pour son profit et non pour toute l’Alsace.
Adrien Zeller a raison de dire, il faut « faire en sorte que la crise devienne une opportunité afin d’en sortit plus forts encore et plus solidaires ». Soit c’est bien de le dire, mais il faut aller plus loin. Il faut réunir tous les acteurs économiques alsaciens pour définir ensemble ce que nous pouvons faire.
Depuis le début de la crise, aucune réunion des collectivités, des chambres de commerce, des chambres de métiers, des syndicats de salariés et patronaux, des agences de développement pour définir ensemble les priorités de l’Alsace à court, moyen, long terme ! Aucune initiative commune, aucun Groupe des 15 ou groupe des 20. Il n’est plus urgent d’attendre, il est urgent de faire et de faire ensemble. Le TGV seul ne sauvera pas l’Alsace !
Qui peut prendre légitimement cette initiative au nom de l’intérêt général? A mon sens, seul Jean-Marie Bockel a aujourd’hui la légitimité et la capacité d’être grand ordonnateur. Maire de la deuxième ville d’Alsace, au cœur d’un bassin d’emploi qui souffre plus que d’autres ; haut-rhinois ; ministre donc en liaison étroite avec tous les services de l’Etat et surtout, le seul élu qui n’ait pas d’ambition pour les prochaines élections régionales. A toi, Jean-Marie d’y aller !
En tout cas, tout cela prouve qu’en situation de crise, les différents décideurs n’arrivent pas à se mettre ensemble. Ce n’est pas uniquement une question de personne, mais bien une question d’institution. Il faut un « gouvernement» unique pour l’Alsace. Un centre de décision qui puisse réunir argent, compétences et volontés pour le bien de notre Alsace. C’est, là aussi, maintenant qu’il faut agir !“
Recevoir par flux RSS les notifications de commentaires sur ce post. URL de rétrolien
Cela pose également la question du schéma institutionnel de l’Alsace, ce serait intéressant de vous entendre sur ce sujet également. Sinon concernant l’article de Tonic, c’est une réalité qu’il y ait ce manque de cohérence, mais les volontés vont dans le bon sens d’après moi. Le problème en fait c’est que chacun est et est obligé de soigner pour sa part son image politique et celle de l’institution elle-même, de ce fait l’incohérence en reviens à nouveau au Schéma institutionnel. (instance unique, CGC, etc)
Je pense que les collectivités locales doivent être conscientes qu’ensemble ( Bas & Haut Rhin ), les possibilités sont bien plus nombreuses et mieux adaptées afin de relancer l’économie locale et je doute qu’il n’y aient beaucoups d’alsaciens a contredire. Simplement la concertation et la mise en oeuvre manque encore, du moins je l’espère. Mais cela indique aussi que nous manquons de politiciens d’envergures nationale et européenne capable de défendre nos intérèts au niveau national et européen, c’est peut être le moment aussi de promouvoir une éducation politique permettant dans un avenir à moyen terme de prendre la relève, je trouve qu’il est important de promouvoir une vision réaliste du monde politique de demain qui passe outre le clivage gauche/droite et qui aille dans le sens d’une Alsace partenaire de l’Europe, car notre avenir politique c’est l’Europe qui sera en mesure de nous la garantir et les directives Européennes sont bien mieux pensées.