Petit retour sur l’avant dernier conseil municipal avec des extraits quasi “officiels” du procès-verbal de séance approuvé lors de celui du 13 novembre.
Vous avez probablement dû suivre dans la presse locale les articles sur le dernier conseil municipal de notre bonne ville de Haguenau( voir ici, là et là encore). Nous avons eu beaucoup de réactions positives mais aussi interrogatives. De Haguenauviens mais aussi d’un certain nombre d’alsaciens qui suivent avec intérêt l’évolution politique de notre cité. Il est donc nécessaire de transcrire notre intervention qui a provoqué le départ du groupe “En avant Haguenau” ( !) de la séance et de celles des autres groupes d’opposition.
L’ordre du jour s’est déroulé sur les 3 premiers points sans difficultés.Pour le 4ème -récapitulatif des décisions du maire prises par délégation du conseil municipal-, Denis Garcia a fait la somme des dépenses enclenchées par Claude Sturni pour le parc Bellevue : plus de 2 300 000 euros. Correction faite par la 1er adjoint : en fait un peu moins de 3 millions d’euros…J’interviens pour interroger les conseillers de la majorité sur l’utilité sociale de dépenser presque 3 000 000 d’euros ( oui, vous avez bien lu : 3 millions €) pour un jardin public ( allez disons aussi quelques annexes) alors que cette majorité nous explique qu’elle ne veut pas dépenser 500 000 euros pour la patinoire où des milliers de jeunes et moins jeunes ont pu s’amuser et faire du sport.
Arrive le point 6 – “acquisition d’un ensemble immobilier : quartier Thurot, rue de la Redoute” . Le document de séance contient un “rapport d’évaluation dans la cadre d’un projet de cession par le ministère de la défense” établi pares services du domaine du Bas-Rhin. Qu’y trouve-t-on? Tout ! Mètre carré par mètre carré sont notés les logements, collectifs et individuels, les commerces, le tertaire et les équipements publics dont un groupe scolaire, un espace de manifestation. Sont aussi notées les recettes et dépenses du programme. Bref, tout y est, au mètre carré près !
Après l’intervention de Denis Garcia, qui tirant le bilan de son expérience de conseiller d’opposition, a nettement mis en cause le cynisme de Claude Sturni et celle de Hugues Heinrich mettant en avant les manipulations et les faux-semblants de l’équipe Sturni, votre serviteur s’est attaqué lui aussi la forteresse de communication mal construite de l’actuel maire ( 2008-2014) de Haguenau.
M Luc LEHNER :
En commission des finances, j’ai, comme tous d’ailleurs, approuvé l’acquisition, et naturellement, je ne reviens pas sur ce vote ni les votes précédents. J’ai ressenti beaucoup de tristesse dans les deux interventions précédentes. Tristesse, oui, mais aussi colère. J’avoue que lors de la campagne municipale je me suis trompé, comme je pense d’ailleurs les autres membres l”opposition. Nous nous étions battus contre le bilan de votre prédécesseur et aussi sur, sa manière de gérer la Ville, la commune, son type de gouvernance et je dois dire que ce [dernier] point-là, j’oserais presque dire, que M Pierre STRASSER est un modèle. Donc a contrario ce n’est pas votre cas.
J’aimerais vous citer:
- Conseil municipal du 10 décembre 2008: « Tout d’abord rassurer tous ceux qui s’intéressent au quartier Thurot. Il n’y a pas « le projet », il y a « un projet » et le projet est très global» Claude STURNI, page 498.
- J’aimerais encore vous citer, séance du 24 juin 2009 (il y a quelques semaines), je vous interrogeais sur les études et vous m’avez répondu : « sont des études qui ont été faites » (ça c’est moi qui parle) et vous dites «Ah, mais si elles ne sont pas faites par la Ville … », donc vous n’avez rien à transmettre. Et, vous continuez un peu plus loin : « L ‘Armée a mené ses réflexions et ses études sur la reconversion possible d’une caserne dont elle détient la propriété, mais ça, ça appartient au Ministère de la Défense. Après, je suis tout a fait prêt à vouloir demander des résultats d’études, mais s’il y a un moment ou nous prenons en charge études, à ce moment-là, cela va nous permettre de faire avancer le débat au sein de cette instance ». Alors, certes, peut-être la Ville n’a pas directement financé l”étude, mais, et c’est dans le document[ le document du Service des domaines qui a été joint à la délibération] que vous nous avez fourni et, d’ailleurs, je m’interroge sur le fait qu’il y ait le document du service des Domaines, le rapport d’évaluation, je pense plus que c’est une obligation légale qu’ un sentiment de votre part.
Qu’ ‘est-ce je vois dans ce document? Je vois que la Ville participe depuis des années à discussions sur ce projet. On parle d’un comité de pilotage, on parle de 2006, on parle d’une réévaluation de 2008. Là encore une citation: «Le projet d’aménagement du site résulte d’une concertation entre la MRAI [le ministère de la défense], la commune et divers intervenants tels que l’Agence d’architecture et d’urbanisme TOA, un paysagiste, deux bureaux d’études INGEROP et GPCI », donc la Ville participait aux réflexions.
Or, a plusieurs reprises, vous affirmez, gaillardement, que rien, il n’y a rien: pas d’études, pas de dépenses. Alors, j’ai repris, simplement par une recherche Internet certains nombre de points.
Je passe sur 2002, 2005 ou l’Agence TAO a fourni un rapport sur la caserne Thurot. Je m’interroge d’ailleurs, comme le disait en aparté M HEINRICH: est-ce que c’est sur la base de ce rapport 2005 qu’il y a eu réévaluation systématique pour 2009/2010? 0n peut donc s’interroger sur la pertinence encore de ce rapport, mais ne parlons pas de cela.
Le 24 juin dernier, vous aviez laisse entendre qu’il n’y avait rien, rien de fait de la part de la commune, or qu’est-ce que je constate: l’appel d’offres paru le 1er avril 2009 (donc deux mois, presque trois mois avant notre réunion de Conseil municipal du 24 juin), un appel d’offres concernant la reconversion de la caserne Thurot en éco-quartier: «Assistance a maîtrise d’ouvrage pour la conduite des études préalables et des procédures de ZAC, ainsi que pour les études environnementales, etc. ». Un des éléments de cet appel d’offres est de dire que cet appel d’offres est clôt le 6 mai 2009, donc soit plus d’un mois et demi avant la réunion du 24 juin. Je n’ai rien entendu, je n’ai rien lu dans le compte rendu sur cet appel d’offres. Qu’est-ce qui vous empêchait, ma foi, d’en parler? Rien !
Quelle est l’impression qui en reste ? Quelle est l’impression que je ressens et que les autres personnes qui ont pris connaissance de ce document ressentent? Et bien, l’incompréhension ! Surtout que, là encore, je lis cet appel d’offres : « Démarrage des prestations à compter de septembre 2009 pour une durée prévisionnelle de cinq ans ». Septembre 2009, nous avons déjà eu un autre Conseil municipal. Qu’est-ce qui vous aurait empêche de dire « bonne nouvelle, c’est bien, nous avançons » ? Non, rien, silence, silence, silence.
Je passe sur un autre appel d’offres du 4 juin, vingt jours avant le 24 juin sur la caserne Thurot : « Réalisation de diagnostic, amiante, plomb et autres produits », là encore, rien, silence, toujours rien, on ne nous dit rien. Vous nous dites rien, vous ne dites ni à l’opposition, je partage ce que dit M HEINRICH, a la rigueur ce n’est pas grave. Je ne suis, pas convaincu que les membres de la majorité soient d’ailleurs au courant, et surtout, ce qui est beaucoup plus grave vous ne dites rien aux gens, aux citoyens de cette Ville. Vous faites une entreprise de communication « Agora» où vous faites croire que vous évoquez les grands sujets avec les citoyens, rien. Alors que le document est là au mètre carré, à l’emplacement près, effectivement presque au parking réservé [près].
Non, Monsieur le Maire. Je suis un élu municipal comme nous tous ici. Nous tous, avons une responsabilité envers nos concitoyens. Nous ne sommes pas un Conseil d’administration, nous sommes une assemblée élue. II me semble qu’au-delà de la légalité, je vous accorde bien volontiers que légalement vous n’aviez pas à interroger le Conseil municipal sur ces appels d’offres, mais au-delà de ce point et de ces considérations, il y a le fond, il y a la politique. Faire de la politique, c’est, en tout cas en démocratie, en tout cas en France, en Alsace, être transparent. C’est de faire participer l’ensemble des concitoyens et les élus aux projets. Nous vous avons, nous tous, individuellement, tous les groupes d’opposition proposés nos services et à chaque fois vous nous avez renvoyés – non pas aux calendes [grecques] – mais en disant on verra bien, soyez tranquille, dormez, comme disait M GARCIA.
Je crois que la colère qui est la mienne et que je vois aussi dans les yeux de mes collègues de l”opposition me fait dire qu’il faut un certain moment arrêter. Vous devez arrêter de nous prendre pour des canards sauvages, pour ne pas dire autre chose. Il faut arrêter de prendre les Haguenoviens pour des imbéciles. Qu’est-ce qui vous empêche, ma foi, de dire les choses ? Il y a un enjeu majeur pour l’aménagement de cette Ville, cela concerne I ‘ensemble des Haguenoviens, cela ne concerne pas un petit groupe. Je crois que vous avez dit la Municipalité, c’est ça, c’est vous-même et les Adjoints. Non, cela concerne l’ensemble de la population.
Et je terminerai par une citation de Georges BERNANOS qui correspond bien a notre situation: « Le scandale n’est pas de ne pas dire la vérité, c’est de ne pas la dire tout entière, d’y introduire un mensonge par omission qui la laisse intacte au dehors, mais lui ronge, ainsi qu ‘un cancer, le cœur et les entrailles ».
Monsieur le Maire, et je me retourne vers mes collègues de l’opposition, pour ma part, je ne peux poursuivre ma présence en ce Conseil sur ce point-la. Vous avez dépasse les bornes. Vous nous prenez pour des canards sauvages, pour ne pas dire autre chose.
Pour ma part, je quitte ce Conseil municipal, maintenant, en signe de protestation devant les méthodes qui sont les vôtres. Je trouve inadmissible la façon dont vous gérez ce dossier, alors que nous vous avons proposé nous tous, notre collaboration, notre soutien… et pourtant, vous essayez, je ne sais pourquoi de nous cacher, systématiquement – je dis bien systématiquement -les choses.
Ce ne sont pas des maladresses, c’est une accumulation de maladresses qui fait que ça devient un mensonge. Je ne dirais pas que c’est un mensonge d’Etat parce qu’il n’y a rien de raison d’Etat ici.
C’est tout simplement un mépris. Un mépris, clair, précis de la population haguenovienne.
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