Bernard Jung récidive. Après un premier article sur le silo à voitures, il revient aujourd’hui sur la politique sociale de la ville. La liste “En avant Haguenau” avait fait toute une série de propositions visant à avoir une politique sociale active, respectueuse des gens et axée sur un retour nécessaire à l’emploi. Il est triste de constater que rien n’a été fait depuis et que, là encore, notre programme municipal reste d’une crainte actualité.
Un monde fou, de l’aube jusqu’à l’heure du repas de midi pour la distribution de denrées alimentaires en cette fin de février devant le Resto du Coeur. Une centaine de personnes et familles aidées… se trouvant à piétiner devant le porche, dans le froid, une autre fois dans la neige ou la pluie, à attendre chacun, résigné, son tour. La crise frappe de plus en plus durement les plus faibles et ceux qui le deviennent à force d’être laminés par une économie et un monde de la finance devenus fous.
Les bénévoles de la Conférence de Saint Vincent de Paul qui les années passées durant, assumaient seuls la distribution ont maintenant grossi les rangs de ceux du Resto du cœur depuis son implantation à Haguenau.
Ce qui réunit les deux associations caritatives ce sont bien les lamentables conditions d’accueil, que la municipalité leur a jadis ou leur concède encore aujourd’hui avec condescendance, sans espoir, semble-t’il, d’amélioration prochaine (à moins de miracle !) : la première gîte dans un des box de l’ancienne caserne des pompiers ; la deuxième utilisait le local hors service de ce qui fut jadis l’ancienne balance publique. Son cas avait d’ailleurs défrayé la chronique dans TONIC alors…
Les deux fois, les locaux étaient ou sont encore vétustes (ils sont désaffectés l’un et l’autre depuis des lustres), inadaptés et même hors normes pour une distribution alimentaire pour laquelle des règles élémentaires d’hygiène se devraient d’être respectées.
Quel contraste avec le parking en silo de la rue du Puits où les automobilistes bénéficient de tous les égards pour garer leur cher véhicule : bâtiment au top-niveau, vidéo surveillance, ascenseur, gratuité quasi généralisée. N’y manque plus qu’un bar où l’on servirait, gracieusement bien sûr, aux rares automobilistes qui s’y garent, une collation… Tout cela a bien entendu un coût que le budget de la Ville doit honorer : plusieurs millions d’€ d’investissements, 600.000 € de déficit de fonctionnement (annuels !). Que nous retrouvons, bien entendu, sur nos feuilles d’impôts…
Une petite fraction de ces pactoles suffirait pourtant pour offrir à ces deux associations de bénévoles œuvrant pour la solidarité envers les plus démunis, des conditions d’accueil et de fonctionnement décentes.
Cela porte partout ailleurs un nom : une épicerie sociale où on reçoit fraternellement les exclus, on leur apprend à se reprendre en main, gérer un budget et même préparer des mets, sauf à Haguenau bien sûr qui décidément se singularise toujours… Comme trop longtemps cela a été le cas pour le transport en commun dont on prétendait, avec une complète mauvaise foi, que le besoin n’existait pas…Une manière de dissuader les gêneurs et d’escamoter les problèmes !
A croire que chez nous on se préoccupe plus des voitures que des personnes…
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Je connais les locaux de l’ancienne caserne des pompiers, effectivement ils sont peu adaptés et vétustes, comme si la solidarité envers ceux qui sont en difficulté ne méritait pas un peu plus de considération…
Bizarre… j’entends comme des commentaires… « C’est pas grave ! C’est pour le pauvres, ils ont l’habitude »